Interview de notre étudiant : Roger Bucher, auteur de « Larmes d’exil »

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
Après des études de lettres (français, latin, histoire) et quelques années d’enseignement dans le secondaire, je me suis dirigé par la suite vers la banque où je me suis occupé de la formation d’apprentis et d’adultes (formation à la maîtrise bancaire) tout en dirigeant des services administratifs. Ce n’est qu’à ma retraite que j’ai commencé à écrire vraiment pour moi et d’abord pour le théâtre. C’est ainsi que j’ai composé les textes pour le Requiem de Mozart mis en scène au Théâtre du Jorat en 2012, puis arrangé et complété le livret de René Morax pour la première mondiale en français de l’opéra Manru de Paderewski au Théâtre de Beausobre à Morges. Enfin en 2016, j’ai adapté pour le théâtre la Correspondance entre Voltaire et Frédéric II pour le Festival de flûtes de Gland.

De quoi parle votre livre « Larmes d’exil » ?
Tout le monde se souvient de la photo du petit Aylan Kurdi, 3 ans, mort noyé et échoué sur une plage turque après avoir tenté de fuir la Syrie avec sa famille. Daniel Chablaud, cadre bancaire, est bouleversé par cette image qu’il découvre comme tout le monde dans la presse. Soudain conscient de l’existence creuse et inutile qu’il mène, il décide alors de quitter son travail et sa famille pour rejoindre une ONG en Grèce puis en Jordanie afin d’aider les réfugiés. Il sera confronté à des rencontres difficiles, émouvantes, riches, mais qui l’aideront à trouver un sens à sa vie.

Pourquoi avez-vous choisi Désir d’écrire ?
J’avais depuis un an le projet d’écrire sur ce sujet. Cette photo était restée, comme pour mon héros, dans un coin de ma tête. Comme j’avais surtout écrit pour le théâtre, j’éprouvais le besoin de suivre un cours d’écriture spécifique pour écrire un roman. C’est donc en recherchant sur Internet les ateliers d’écriture qui pouvaient m’être utiles que j’ai découvert Désir d’écrire.

En quoi la formation de Désir d’écrire vous a-t-elle aidé pour écrire et publier votre livre ?
Ce qui m’a séduit c’était d’être accompagné tout au long de mon projet. Je me rappelle encore avoir élaboré le projet de plan du roman dès le module II du premier classeur et Monsieur Alain Jamot m’avait alors dit : « Plan efficace, on a envie de lire le roman (…) Il ne vous reste plus qu’à pondre les 100 ou 200 pages qui vont avec ». J’ai donc pu élaborer mon roman tout en faisant des exercices souvent en rapport avec mon projet.

Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour écrire un livre ?
Avant tout la persévérance, la régularité, et l’écoute. Si le métier d’écrivain est un art, c’est aussi bel et bien un métier qui ne s’improvise pas. Il s’agit donc d’être régulier dans son travail, même si c’est pour jeter par la suite des pages qui vous ont demandé beaucoup d’effort. Mais c’est aussi partager ses idées et son travail à un moment donné pour savoir si vous allez dans la bonne direction et si vous êtes susceptible d’intéresser un lectorat. En ce qui me concerne, j’ai écrit les 100 premières pages du roman, les ai fait lire à une dizaine de personnes pour savoir si cela suscitait leur intérêt. Si cela n’avait pas été le cas, j’aurais écouté et suivi leurs conseils et certainement tout repris depuis le début, sans me décourager. J’ajouterais qu’il est essentiel d’être un grand lecteur pour écrire. On a beaucoup à apprendre des autres.

Si vous deviez donner deux conseils à une personne qui se met à écrire, une chose à faire dans la mesure du possible et une chose à ne pas faire, qu’est-ce que vous proposeriez ?
A faire absolument : suivre une formation (encore une fois, c’est un métier).
A ne pas faire (tout au moins au début) : travailler sans un plan très élaboré (risque de se perdre).

Comment avez-vous réussi à être publié ?    
Lorsque l’on n’est ni Dicker, ni Auster, trouver un éditeur est difficile. J’ai d’abord cherché les éditeurs romands, mais ils étaient frileux quant au sujet. J’ai aussi tenté l’auto-édition, mais les problèmes techniques se sont vite avérés difficiles à résoudre. J’ai donc choisi au final un éditeur qui demandait une participation pour l’élaboration de la maquette et s’occupait de la distribution, un monde inconnu pour moi. C’est ainsi que l’éditeur Jets d’Encre à Paris m’a accompagné tout au long de ce travail. Ils ont été extrêmement précieux quant à la relecture, l’élaboration de la maquette, les conseils pour le titre et la création de la couverture, ainsi que pour le suivi auprès des distributeurs romands comme Payot.

Vous travaillez actuellement sur une deuxième fiction : pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
J’en dirai peu de choses, sinon que le thème est complètement différent de Larmes d’exil. Le roman s’articule autour de deux personnages qui ont chacun leur part d’ombre et qui se rencontreront dans des circonstances tragiques.

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